5 conseils pour les aidants de traumatisés crâniens

La particularité des victimes d’un traumatisés crâniens (ou victimes d’un traumatisme crânien) , c’est qu’elles subissent une altération de la personnalité. Amnésie, fatigabilité, crises nerveuses, aphasie, irritabilité, agressivité, contrariété soudaine et changement brutal de comportement… Partager leur quotidien peut s’avérer difficile pour les aidants.

Dans le même temps, l’aidant doit affronter le parcours de soin, de l’hospitalisation à la réinsertion, et faire face à une longue procédure d’indemnisation.
Dans le cas d’un traumatisme crânien, la victime souvent, ne parvient pas à se débrouiller – et à se défendre – seule. C’est pourquoi la responsabilité de l’aidant est importante.

Pour ne pas perdre pied dans ce parcours d’indemnisation, voici un petit vademecum. Ce que doivent faire tous les aidants de traumatisés crâniens, pour que les choses se passent au mieux et qu’ils ne se retrouvent pas démunis et découragés au bout de quelques semaines.

1 – S’assurer de la bonne prise en charge thérapeutique en hôpital des traumatisés crâniens

La plupart de ces traumatismes vient d’un accident de voiture (accident de la route ou accidents de la circulation en général). La victime passe alors par une phase d’hospitalisation. Urgences, réanimation, le blessé est bien évidemment traité pour ses éventuelles fractures et toutes les commotions, plaies et contusions sévères visibles par les chirurgiens.

En revanche, les blessures du cerveau génèrent souvent des lésions diffuses voire des lésions invisibles.

Ensuite, la victime doit être transférée vers un MPR , un service de neuropsychologie et de neuro-réhabilitation, spécialisé dans la prise en charge des personnes traumatisées crâniennes.

Toutefois, tous les hôpitaux et cliniques n’en disposent pas !

Le risque, si la victime n’est pas redirigée vers le bon service, est que son état ne soit pas diagnostiqué et qu’après son traitement chirurgical, elle soit renvoyée chez elle.
Le TC étant un handicap invisible, il passe parfois inaperçu. À moins de fréquenter longuement la victime, un médecin peut passer à côté de nouvelles séquelles motrices ou cognitives.

Renvoyée chez elle par un médecin non spécialiste, la victime semble aller bien, alors que justement, elle devrait être prise en charge par un service spécialisé.

Elle finit par se couper de sa vie sociale alors qu’elle a fortement besoin de rééducation.

2 – Prendre les choses en main et se faire aider

Les traumatisés crâniens ne sont souvent  pas conscients de leur propre état de santé. Il est d’ailleurs plus sage qu’ils le restent, pour éviter qu’ils souffrent de se voir ainsi diminués. On appelle cet état de refus ou d’inconscience de sa propre situation : l’anosognosie.

Puisqu’il n’a pas conscience de tous les bouleversements qu’il subit, il n’est pas apte à entamer quelque démarche que ce soit.

C’est donc à l’aidant de se charger des procédures administratives, des factures et des frais divers… Jusqu’à la procédure d’indemnisation par la compagnie d’assurance.

Celle-ci peut se révéler très longue et complexe.

C’est pourquoi il l’aidant a tout intérêt à se faire accompagner par un spécialiste : un avocat expert en préjudices corporels et traumatismes crâniens.

3 – Assister et participer à toutes les expertises médicales

La victime ayant subi un traumatisme crânien devra être examinée par le médecin expert de l’assureur pour pouvoir être indemnisée par la suite.

Or, au moment de ces visites (qui s’échelonnent tout au long du processus de consolidation de son état de santé), la victime risque de répondre qu’elle va très bien !

C’est là que l’aidant doit intervenir.

Il doit raconter au médecin tout ce qui a changé dans le comportement et la vie de la victime, pour que l’expertise médicale soit complète.

Là encore, il est très important qu’un avocat spécialisé en dommage corporel soit présent lors de ces expertises. Si la plupart des examens médicaux mandatés par les assurances sont fiables et poussés, il peut arriver que le médecin sous-évalue gravement l’état de la victime.

Pour que le rapport soit complet, il doit contenir nombre d’expertises liées aux conséquences du trauma crânien. Neurologique pour les troubles de la mémoire ou de la concentration, les troubles du langage, les maux de tête et l’apathie, psychiatrique pour l’irritabilité ou la dépression, ophtalmologique pour la baisse de l’acuité visuelle ou encore ORL pour les acouphènes, vertiges et autres (entre autres spécialités).

4 – Envisager la tutelle ou curatelle

Selon qu’il s’agit d’un grave traumatisme crânien ou non, la victime peut souffrir de troubles du comportement qui s’avèrent parfois dangereux. Elle peut céder à des instincts primaires et se trouver incapable de prendre une décision pour elle ou pour les autres.

 Elle peut se mettre à dilapider son patrimoine sans même s’en rendre compte.

Il n’y a pas une consigne précise pour se décider à franchir le pas, aussi faites-vous conseiller par un avocat si vous sentez que la victime peut commencer à prendre des décisions dangereuses (dépenses inconsidérées, prises de décisions d’achat hâtives après un démarchage en porte à porte, par exemple…).

5 – Ne pas négliger sa fragilité en tant qu’aidant

La personne proche d’une victime directe qui l’accompagne dans son parcours de réadaptation est elle-même victime. On l’appelle victime par ricochet.

Lorsqu’elle aide le traumatisé, elle figure dans le dossier de l’assurance comme assistance tierce personne.

La victime par ricochet a le droit d’être indemnisée pour ses frais, ses pertes de revenus professionnels, le préjudice moral ou encore les troubles dans ses conditions d’existence (des troubles du sommeil fréquents qui réveillent les proches la nuit, objets brisés à cause de problèmes de motricité, chutes à répétition qui obligent à réaménager le domicile…). Tout cela peut être indemnisé dans le même dossier d’assurance, soit à la fin du parcours de rétablissement de la victime (environ 3 ans).

L’aidant a tout intérêt à éviter l’isolement et rechercher l’entraide de ses proches ou des associations de familles (notamment pour ce qui touche au médico-social), mais il doit surtout se faire épauler par un avocat pour ce qui touche au médico-légal.

Pour une question sur le préjudice corporel et le traumatisme crânien, contactez-moi.

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