Qui sont les victimes de dommages corporels ? 12 questions à Maître Hadrien Muller

Un accident de la route, une agression, un accident sportif, une erreur médicale : en cas de dommage corporel, certaines victimes cèdent rapidement aux propositions de compensation au rabais des assurances.

Or, il est toujours temps de chercher le soutien d’un avocat spécialisé, pour obtenir l’indemnisation à laquelle on a droit. Qui sont, parmi les victimes de dommages corporels, celles qui réussissent à obtenir gain de cause ? 12 questions à Hadrien Muller.

 

  1. Qui peut venir vous voir ?

Hadrien Muller : Toute victime de dommage corporel peut venir me voir si elle souhaite obtenir une indemnisation, quelle que soit la cause de ce dommage : accident de la route (ce sont 80% de mes dossiers), agression, accidents de la vie courante (sport, chute, ou tout ce qui n’implique pas un véhicule), accident médical. Le dénominateur commun, c’est ce qui porte préjudice au corps.

 

  1. Pourquoi voir un avocat quand on a subi un préjudice corporel ?

Hadrien Muller : Parce que les gens ont besoin d’être écoutés et défendus. Lorsqu’ils ont vécu un accident grave, les gens ont besoin de soutien. Un avocat est là pour apporter un contre-pouvoir à la compagnie d’assurance qu’ils auront en face, apporter une certaine pression et garantir que les choses soient bien faites. Il va vous expliquer comment ça marche, vous accompagner, répondre à vos questions et vous aider à obtenir la juste réparation du préjudice corporel subi.

 

  1. Les Français ne se défendent pas souvent ?

Hadrien Muller : Ils sont minoritaires, mais ils font de plus en plus appel à un avocat. Le problème, c’est que les gens pensent qu’un avocat va leur coûter beaucoup d’argent. Or, pas toujours ! Dans mon cas, ils ne paient rien à l’ouverture du dossier : mes honoraires sont calculés sur les indemnités perçues à la fin du combat, même s’il dure des mois ou des années. Je ne suis pas le seul avocat à le faire, mais nous sommes encore peu. On peut aussi me consulter gratuitement, je réponds à toutes les questions et j’oriente les gens dans leur démarche.

Et puis, certaines victimes ne savent même pas qu’elles le sont, ni qu’elles peuvent y faire quelque chose. Il est important qu’elles le sachent, qu’elles posent au moins la question et à la bonne personne.

 

  1. Quels sont les adversaires à combattre après un accident corporel ?

Hadrien Muller : Il faut se battre, oui, et plus clairement encore que dans d’autres domaines car ici les enjeux financiers sont importants. Dans les cas les plus sérieux, c’est même le combat d’une vie.

L’adversaire, ce sont les compagnies d’assurances. Ce sont elles, le régleur, dans le cas des accidents de la circulation entre autres. Il est très rare d’être indemnisé par un particulier, car au vu des sommes, un particulier est rarement solvable. Dans certains cas exceptionnels, un fonds de garantie prend en charge l’indemnisation, c’est en quelque sorte un fonds de solidarité nationale. Il fonctionne notamment en cas d’agressions, ce qui permet, en France, d’être indemnisé lorsqu’on en a subi une.

Le piège, c’est qu’après l’accident, l’assureur appelle la victime, qui se sent rassurée par cette prise en charge rapide. Elle pense que l’assurance n’a pas d’intérêt particulier à faire baisser ses indemnités. Mais, comme toute entreprise privée, une assurance doit faire des bénéfices. Elle cherche donc à indemniser au plus vite et le moins possible : son intérêt est à l’opposé de celui de la victime.

 

  1. Il faut donc se méfier dès qu’on propose à la victime une expertise médicale ?

Hadrien Muller : L’examen médical, c’est la pierre angulaire du dossier. Le médecin est honnête, en règle générale, quand il vient constater les dommages. Mais il rend un rapport d’expertise à l’assurance et pour l’assurance. Il peut donc minimiser certains points, rendre un rapport partial. Or, c’est sur son avis que sera calculée l’indemnisation de la victime.

 

  1. Que peut faire un avocat à ce niveau-là ? Il ne va pas ausculter la victime…

Hadrien Muller : Non, bien sûr. L’avocat reprend le rapport d’expertise et va le chiffrer, il s’appuie dessus mais il n’examine pas la victime. Mon travail, c’est de constituer une excellente équipe de médecins spécialisés pour les expertises, en neurologie, en psychiatrie, en ORL, en ophtalmologie… et de les mandater eux pour évaluer le traumatisme réel de la victime. Mon rôle, c’est d’avoir le bon expert pour ne pas passer à côté de quelque chose de capital.

 

  1. Pourquoi chercher un avocat spécialiste pour gérer ces dossiers ?

Hadrien Muller :Un avocat généraliste risque d’avoir plus de difficultés à évaluer correctement le préjudice s’il connaît mal la matière. Le jargon médical est important, par exemple. Or, passer à côté d’un détail dans le préjudice peut tout changer. C’est pourquoi, un avocat spécialisé doit pouvoir lire et comprendre un dossier médical et éliminer tout aléa dans le dossier, et à toutes les étapes. C’est le seul moyen d’indemniser correctement une victime, au juste montant qu’elle peut obtenir.

 

  1. Quelle différence y a-t-il entre une indemnisation sans avocat et avec avocat ?

Hadrien Muller :C’est difficile d’établir une moyenne, il n’existe pas de chiffrage type mais on peut obtenir trois à quatre fois plus en étant bien défendu. Parfois jusqu’à 20 fois… Il m’est arrivé un jour un client à qui on proposait 200€ d’indemnisation. Ensemble, nous avons obtenu 54 000 €. La compagnie d’assurance était persuadée que le client n’avait rien, on était extrêmement loin du préjudice réel. C’est assez exceptionnel, mais ça arrive.

 

  1. A quel moment vient-on vous consulter, en général ?

Hadrien Muller :Il y a deux cas. Ceux qui viennent me voir dès le début de la procédure : ils ont subi une agression, un accident et, quelques semaines après, les assureurs les ont contactés mais ils ne les sentent pas en leur faveur. Ils font bien de venir tôt car alors, et dès le début, leur préjudice sera bien évalué, sous mon contrôle.

Le deuxième cas, ce sont ceux qui viennent me voir en bout de course. Le dossier dure déjà depuis des mois voire des années et ils viennent me soumettre la proposition finale qu’on leur a faite, pour savoir ce que j’en pense. Là, il faut tout reprendre, depuis l’expertise médicale, et c’est long. Mais tant que rien n’a été signé, rien n’est perdu.

 

  1. Avant de vous consulter, peut-on se faire une idée (en ligne, par exemple) de ce à quoi on aura droit en se défendant ?

Hadrien Muller : Pas du tout ! Il faut comprendre qu’il n’existe pas de barème légal, il n’existe rien dans la loi qui détermine combien peut toucher une victime en fonction du préjudice. Ce qui le détermine, c’est le tribunal, selon l’affaire. Un avocat spécialisé connaît les affaires qui ont eu lieu sur le même sujet ou qui s’y rapportent et, en recoupant les décisions de justice, pourra proposer tel ou tel montant devant un tribunal. Ceci étant, on ne va pas forcément au tribunal. Le plus souvent, on obtient un accord amiable. Mais on se fonde sur les décisions passées pour trouver cet accord.

En ligne, les simulateurs qui prétendent donc donner des montants d’indemnisation sont faux. De plus, la victime va y indiquer le montant que lui propose l’assureur pour vérifier que c’est une bonne somme. Mais ce montant a été fixé sur la base d’un rapport médical partial, et en faveur de l’assurance donc forcément minime. Chercher à se renseigner sur internet, c’est donc une double erreur. Mieux vaut venir en discuter directement avec un avocat spécialisé. Ça peut prendre plus de temps, mais le résultat est vraiment différent. [ NDLR. Lire cet article consacré aux erreurs des simulateurs en ligne d’indemnisation des dommages corporels.]

 

  1. Quelle formation spécifique avez-vous suivie ?

Hadrien Muller : Je me suis spécialisé dans le dommage corporel, encore assez rare en France (même si de plus en plus d’avocats se spécialisent aujourd’hui dans des domaines pointus). J’avais étudié le droit des affaires et le droit international, très théoriques. J’ai préféré m’orienter dans le droit corporel, où je me sens réellement utile. Mais les diplômes ne font pas de vous un expert reconnu, j’ai donc obtenu mon certificat de spécialisation, attribué par le barreau après un examen qui sanctionne quatre années de pratique.

Ma formation est juridique, mais j’ai élargi mes connaissances au champ médical en me spécialisant dans le traumatisme crânien par un diplôme universitaire à Saint-Quentin en Yvelines. C’est vraiment une particularité en la matière.

 

  1. Pourquoi le traumatisme crânien ? Est-ce plus dur à défendre ?

Hadrien Muller : C’est très particulier, parce que très difficile à évaluer. On parle de dommage invisible.Contrairement à traumatisme orthopédique qui peut se voir, s’examiner, on est là face à des gens complètement perdus et qui ne se rendent pas compte de ce qui leur arrive. Ils ont du mal à s’exprimer. La réponse typique de quelqu’un qui a souffert d’un traumatisme crânien, c’est que tout va bien.

 

Tout mon travail est là. Si personne ne le défend, un accidenté verra son préjudice très mal évalué et il sera vraiment mal indemnisé. Pourtant, les séquelles sont réelles, et parfois à vie.

 

2 réflexions sur “Qui sont les victimes de dommages corporels ? 12 questions à Maître Hadrien Muller”

  1. bonjour j ai subi une intervention pour une eventration le 31 janvier 2019 une semaine apres j ai été hospitalisé a nouveau car je faisais hémorragie d une celioscopie je suis arrivée à une laparoctomie 2 trois apres j ai ete de nouveau opérer car j ai refait une eventration j ai ete en arret pendant 6 mois pouvez-vous me donner des conseils.
    cordialement

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