Traumatisme crânien : les séquelles qui doivent vous mener aussi chez un avocat spécialiste

Vous avez des séquelles d’un traumatisme crânien, que vous comptez traiter avec les bons spécialistes (neurologue, rééducateur, kiné, ORL…).  

Il ne devrait pas en être autrement dans votre demande d’indemnisation de vos préjudices corporels.

Imaginez déjà que les médecins que vous consultez – ou comptez consulter – peuvent passer à côté de troubles graves dont vous souffrez… Car les séquelles du TC forment ce qu’on appelle généralement le « mal invisible ».

Si même les experts médicaux ont des difficultés à repérer vos séquelles pour vous aider, qu’en sera-t-il des acteurs de votre indemnisation ? On parle ici d’assureurs, de juges, d’avocats et d’experts médico-légaux généralistes.

Vous ne monteriez pas dans un avion de ligne si on vous disait que le pilote était en réalité chauffeur de bus ?

Vous en remettre, pour reconnaître vos maux et leurs conséquences, à des professionnels qui n’y connaissent rien aux TC, c’est un peu la même chose.

Les séquelles du traumatisme crânien : le handicap invisible

La victime d’un traumatisme crânien grave (et même modéré, parfois), souffre presque toujours de troubles neuropsychologiques. Ces dysfonctionnements du cerveau, qui perturbent la vie quotidienne, sont directement liés à l’accident et au trauma qu’il a causé. Ce sont généralement des lésions cérébrales, qui peuvent nécessiter une hospitalisation avec rééducation lourde.

Autrement dit, ces troubles ne devraient pas passer inaperçus. Et pourtant…

Maux de tête, vertiges, paralysie, perte d’équilibre, difficultés d’élocution, troubles du sommeil, difficultés de concentration, troubles de l’humeur, la liste est longue.

Principalement, la victime souffre d’affections du type :

  • Troubles de la mémoire
  • Troubles de l’attention
  • Troubles du comportement
  • Troubles des fonctions exécutives

Il existe tout un éventail de séquelles de traumatisme crânien possibles. Les affections psychiques et psychologiques en font aussi partie, même si elles passent parfois à la trappe. Il arrive que les médecins considèrent une affectation morale comme une conséquence logique (et temporaire) de l’accident et des difficultés jugées passagères… Et non comme un état directement lié au TC et qui donc pourrait durer.

Il y a les séquelles… et leurs conséquences.

Le risque avant consolidation : invisible pour les médecins

Après l’accident corporel que vous avez subi, vous devez traverser une longue phase de consolidation. Pour un Traumatisme crânien, cela prend généralement (et au minimum) deux ans.

Ce qui se passe pendant cette période, au niveau médical, est très important pour la suite. En effet, tout votre historique médical servira de preuve dans votre demande d’indemnisation du dommage corporel.

Or, le TC créant ce « mal invisible », vous devez rester vigilant à ce qu’aucun de vos maux ne soit oublié. Et ce, dès votre première hospitalisation post-traumatique.

Il arrive que les chirurgiens, ou le personnel médical, ne remarquent rien de suspect dans votre attitude. Rien d’étonnant à cela : ils ne vous connaissent pas. S’ils sont évidemment attentifs à l’imagerie cérébrale, à la moindre lésion, contusion, fracture, hémorragie, la moindre plaie ou hématome visibles, ils ne verront peut-être pas l’altération de vos facultés cognitives.

Et, une fois sorti du coma, un traumatisé crânien sévère a de fortes chances de subir un bouleversement neuropsychologique imperceptible pour les autres (et même parfois pour lui-même). Insomnie, fatigabilité, troubles de la conscience, légère amnésie ou troubles psychiques : leurs manifestations ne sont pas spectaculaires. C’est ce qu’on appelle le handicap invisible et ce qui explique que certains traumatisés quittent les urgences en pensant aller bien… Alors que ce n’est pas du tout le cas.

Vos proches, en revanche, ont pu noter ces dysfonctionnements. C’est souvent grâce à eux que l’on parvient à diagnostiquer à temps les séquelles du traumatisme crânien.

Toutefois, si vous lisez aujourd’hui cet article, vous n’en êtes sûrement plus à cette première phase de récupération… Et ce qui suit est d’autant plus important.

Après consolidation : le risque que l’expert médical passe à côté

Le plus préoccupant, pour une victime de traumatisme crânien, c’est ce qui se passe après la consolidation.

C’est là que se joue toute la question de son indemnisation.

Et, très souvent, c’est là qu’elle perd le plus gros.

Avant d’arriver devant l’expert médical mandaté (en général) par l’assureur payeur, la victime doit préparer son dossier. Sans dossier médical complet, qui indique précisément les séquelles dont elle souffre depuis l’accident, elle n’a aucune chance de voir ces séquelles reconnues par l’expert… Et donc indemnisées par la suite.

Mais ce n’est pas tout. À moins de demander l’intervention d’un sapiteur spécialisé dans l’un des domaines neurologiques ou psychologiques dont souffre la victime, le médecin-expert ne peut pas évaluer correctement ses souffrances réelles. Et, vous vous en doutez peut-être, ces conditions ne sont pas toujours réunies.

Par ailleurs, la victime est la moins bien placée pour expliquer ce dont elle souffre. Il lui faut donc de solides accompagnants pour la défendre lors de cet examen médical.

Et ce n’est encore pas tout…

Du pain béni pour les assurances

Ne vous y trompez pas, la compagnie d’assurances, si elle peut s’épargner l’effort d’une indemnisation lourde, ne se privera pas de le faire.

Si le rapport d’expertise (rendu par l’expert médical) ignore vos maux invisibles, aux yeux de l’assureur, vous allez bien. Il n’est donc pas besoin de vous proposer de grosses indemnités.

En réalité, il y a là une autre (et lourde) faille : personne n’a pris en compte les conséquences de ces séquelles sur votre vie future.

Au-delà de la reconnaissance de vos maux, il manque ici la reconnaissance d’un bouleversement. Il est évident que si vous souffrez désormais de nouveaux troubles cognitifs, certains aspects de votre vie vont changer.

Difficultés au travail – voire à retravailler, simplement –, troubles affectifs qui impacteront votre vie maritale, incapacité à vivre seul(e)… Tout cela a un coût pour vous, non seulement moral mais financier.

Arrivée à cette étape de sa demande d’indemnisation, la victime de TC est généralement épuisée. Pourtant, c’est là qu’elle doit se remonter les manches et entamer le combat pour faire reconnaître son état.

Il lui faudra alors se diriger vers le tribunal judiciaire, en sachant que les professionnels de la justice qu’elle y rencontrera ne s’y connaissent sans doute pas plus en traumas crâniens.

L’aide d’un spécialiste : que va-t-elle changer et quand ?

Pour la victime comme pour ses ses proches, toute cette période de lutte est éprouvante. D’autant plus qu’il faut s’acharner à démontrer ce qui n’est visible pour personne… Et que certains professionnels de l’indemnisation souhaitent voir demeurer invisible.

C’est pour cela qu’il est important de vous faire aider (victime et accompagnants) dès la première hospitalisation.

Spécialiste en droit du dommage corporel, spécialiste en TC : quelle différence ?

Bien sûr, un avocat spécialisé dans le bon domaine (indemnisation du préjudice corporel) est en soi un très bon atout dans votre manche.

Mais, vous l’avez compris, le traumatisme crânien n’est pas n’importe quel dommage corporel. Vous allez vous lancer dans une bataille pour obtenir ce à quoi vous avez droit… Et seul un avocat formé précisément dans le TC saura étudier avec vous les possibilités exactes.

Il existe ainsi des formations, en principe réservées aux médecins, ouvertes désormais aux professionnels du droit et des assurances. C’est le cas du diplôme universitaire d’évaluation des traumatisés crâniens, dispensé par l’Université de Bordeaux et celle de Versailles Saint-Quentin.

Si votre avocat a un tel diplôme en poche, il saura exactement quoi faire pour faire révéler vos maux invisibles et quand. Ses compétences ne sont pas médicales, il ne conduit évidemment pas d’examen clinique. Mais vous serez forcément mieux compris – et accompagné – par un professionnel qui sait ce qu’est l’aphasie, l’anosognosie, un trouble des fonctions motrices ou de l’état de conscience.

Vérifiez ici que vous avez fait le bon choix d’avocat et d’expertise pour vous accompagner.

Vous pouvez aussi contacter directement Maître Hadrien Muller si vous avez un doute ou que vous cherchez ce spécialiste pour vous défendre.

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